Nucléaire : le choix de l’atome qui structure encore l’énergie française

Nucléaire : le choix de l’atome qui structure encore l’énergie française

Hypergone

Pour cette édition d’Hypergone, Garance met en évidence le choix français pour l’énergie nucléaire, enjeu majeur encore aujourd’hui.

Après le premier choc pétrolier de 1973, la France fait face à une réalité brutale : sa facture pétrolière est multipliée par 4 entre 1972 et 1974. Ultra-dépendante des importations, elle doit réagir vite.

1974 : LANCEMENT DU PLAN MESSMER

Sous l’impulsion du Premier ministre Pierre Messmer, la France engage un investissement massif pour retrouver son indépendance énergétique :

  • Construction de 13 centrales nucléaires de 1 000 MW,
  • Adoption du modèle à eau pressurisée,
  • Substitution progressive du pétrole par l’électricité.

Ce choix s’appuie sur des bases scientifiques plus anciennes et sur une volonté politique forte. À l’exception des États-Unis, aucun pays n’investit alors autant dans le nucléaire à cette époque.

RESULTAT : UNE MONTEE EN PUISSANCE FULGURANTE

  • Part du nucléaire : 37 % en 1981 → 55 % en 1984 (la plus forte augmentation)
  • 8 tranches nucléaires mises en service entre 1984 et 1987,
  • Mise en place d’une filière complète, y compris la gestion des déchets (La Hague),
  • Capacité à exporter le savoir-faire français (contrats en Iran, Amérique du Sud, Chine).

En 2020, le nucléaire représente encore 67 % de l’électricité produite en France, faisant du pays une exception mondiale.

ET A L’INTERNATIONAL ?

  • En 2023, le nucléaire est la 4ᵉ source mondiale d’électricité (9,1 %), loin derrière le charbon (35.4%), le gaz (22.5%) et l’hydroélectricité (14.3%).
  • États-Unis : 94 réacteurs, mais le nucléaire ne représente que 18,5 % de la production (contre 35 % de gaz et 27 % de charbon).
  • Chine : 56 réacteurs en service et 28 en construction, illustrant une stratégie offensive à long terme.

⚠️ Les accidents majeurs (Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima) ont entraîné un durcissement des normes de sûreté et une remise en cause politique du nucléaire dans certains pays, comme l’Allemagne, qui a acté sa sortie. Aux États-Unis, les coûts élevés et les difficultés financières de la filière ont aussi freiné son développement.

AUJOURD’HUI
Malgré ses risques, ses coûts et ses enjeux géopolitiques, le nucléaire reste pour la France une énergie de transition incontournable : pilotable, décarbonée et stratégique dans un contexte de tensions énergétiques et climatiques.

Un choix historique… qui continue de structurer le présent et l’avenir énergétique français.

Madeca
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.